BMW 635 CSI : le squale remonte à la surface !

La BMW série 6 (E24) a fêté ses quarante en toute discrétion. Ce coupé puissant et sûr a pourtant fait tourner les têtes lors de sa présentation à Genève en 1976, devenant le porte-drapeau de la gamme BMW. Son succès commercial durant sa longue carrière jusqu’à son remplacement par la série 8 en 1989 ne s’est pas démenti. Elle représente certainement encore aujourd’hui la quintessence du savoir-faire de BMW : moteurs 6 cylindres en ligne à l’élasticité et la mélodie inimitables, design conjuguant le muscle et l’élégance, grande polyvalence d’usage. Avec la maturité, deviendra-t-elle une BMW de choix en collection ?

 

La série 6 s’inscrit dans une séquence de design fondatrice d’une nouvelle génération de BMW. Le Français Paul Bracq est aux commandes du design du constructeur bavarois de 1970 à 1974.


La plus latine des marques germaniques

BMW 635 CSI
BMW 635 CSI - © BMW AG

 

 

Après ses réalisations marquantes chez Mercedes-Benz, dont la démesurée 600 (W100), Paul Bracq signera les premières générations de série 3, 5 et 6 traçant ainsi les codes d’un design BMW qui ne sera guère revisité avant l’arrivée de Chris Bangle en 1992. N’oublions pas non plus que les maquettes de la série 5(E12) sortie juste avant la série 6 ont principalement été travaillées avec la collaboration du studio Bertone et du non moins célèbre Marcelo Gandini (Lamborghini Miura, Countach).

 

Il y a donc un  parfum de parmiggiano prononcé dans ces réalisations bavaroises ! Qui s’en plaindrait ?

BMW 635 CSI
BMW 635 CSI - © BMW AG

A son lancement la voiture est disponible avec les moteurs 3.0 carburateur et 3.3 injection. Les spécialistes du pricing de BMW la positionnent sans hésiter tout en haut du panier des concurrentes : la 633 CSI est affichée 118 200 F en 1977, plus proche d’une Jaguar XJ-S V12 (125 765 F) ou d’une Mercedes 450 SLC (152 580 F) que d’une Porsche 911 (96 400 F).

Un positionnement qu’elle tiendra jusqu’au bout : en 1988 une 635 CSI s’achète 345 500 F et une 911 Carrera 367 300 F.

 

Comme quoi « Il vaut mieux viser la perfection et la manquer que viser la médiocrité et l'atteindre » (Francis Blanche).

 

Avec plus de 86 000 exemplaires vendu, la BMW a fait mouche !

Une voiture, pas un véhicule !

BMW 635 CSI poste de conduite
BMW 635 CSI poste de conduite - © BMW AG

Un propulseur extrêmement onctueux et dynamique qui fait merveille sur les longs parcours à une époque où les radars n’étaient pas au plan. Pour l’anecdote, la vitesse maximum de la M635 CSI restera la plus élevée de toute les BMW de production, avec 255 km/h avant que les grands constructeurs allemands ne décident de limiter électroniquement à 250 km/h leurs voitures.

 

Une voiture, c’est bien le mot, admirable aussi bien par sa conception que sa qualité de fabrication et ses prestations

 

Quarante ans plus tard, on peut encore être impressionné par la qualité et la tenue dans le temps des matériaux, qu’il s’agisse des plastiques du mobilier ou des selleries en velours épais ou cuir.

 

J’ai plusieurs souvenirs de la série 6, d’abord enfant en passager, puis plus tard en conducteur. Immanquablement, la mémoire auditive est convoquée tant le 6 en ligne de Munich reste, même aujourd’hui, emblématique de ces moteurs que l’on a plaisir à promener.

 

Si la voiture n’est pas sportive à sa naissance (1530 kg en ordre de marche), elle le deviendra avec le temps, notamment les 635 CSI disponibles avec une boite courte et la fameuse M635 CSI (5800 exemplaires) qui reprendra ni plus ni moins que le moteur de la M1 (286 ch. DIN).

 

 

 

BMW 635 CSI moteur
Moteur 6 cylindres - © BMW AG

BMW 635 CSI contre-porte cuir buffle
Option cuir buffle naturel - © DR

 

Bien avant que BMW ne lance son programme Individual, la série 6 proposait d’ailleurs un éventail de sellerie plus que large, avec notamment plusieurs qualités de cuir dont une rare exécution pur buffle. Le design intérieur et l’ergonomie des commandes donnent encore aujourd’hui des leçons à bien des véhicules avec une planche de bord tournée vers le conducteur, simple et lisible, et des contre-portes parfaitement dans la continuité. Le dessin des places arrière individuelles avec appui-tête encastrable invite à partager le plaisir à quatre. 

 

 

André Costa conclue ainsi l’essai de la 633 CSI dans l’Auto-Journal d’avril 1977 : « il faudrait que toutes les marques suivent l’exemple de BMW et de quelques autres, en pensant à créer des voitures et non des véhicules».

 

 

Décollage imminent.

La BMW série 6 donne toujours l’impression d’être prête à décoller avec sa large calandre à pan coupé encadrant les 4 projecteurs jaunes (teintés sur les versions françaises). Sa cote pourrait en faire de même car elle reste globalement sous-estimée face à d’autres véhicules concurrents de son époque.

 

La longévité connue des mécaniques BMW n’y est pas pour rien. Les séries 6 ont en général commencé leur vie entre les mains de gros rouleurs, et les deuxième ou troisième mains avec historique limpide ne sont plus légion. Il faut être patient et ne pas hésiter à regarder des véhicules avec des kilométrages important pourvu que l’historique soit renseigné.

Les pièces ne sont pas un problème, BMW prenant soin de son patrimoine et la voiture ayant été largement diffusée. Lors d’un achat la priorité ira à la vérification de la corrosion, car comme toutes les autos des années 70, la série 6 aime les dessous en dentelle !

 

Attention aussi aux exemplaires rapidement maquillés en vue d’une vente tant il est vrai qu’avec un voile de peinture, des pneus neufs et un bon dépoussiérage intérieur, une voiture qui est restée dans un garage depuis 15 ans peut rapidement faire illusion, avec une injection Bosch Motronic plutôt fiable.



La série 6 a remplacé les coupés CS dont la cote tourne actuellement autour de 35-45 K€, certes avec une production plus limitée. Les beaux exemplaires de 635 CSI s’échangent autour de 25 K€, quand les très beaux commencent à atteindre les 40 K€. Il est donc possible de se positionner sur une voiture en bon état, avec laquelle une utilisation régulière peut s’envisager sans contrainte de kilométrage, et une perspective d’appréciation plutôt sereine.

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Commentaires: 1
  • #1

    Maximo Agostinho (samedi, 05 mai 2018 11:38)

    Je une 635 csi de 1983 et cherche a reparer le tableau de bord ainsi que l'ordinateur.
    Pourriez-vous me fournir quelques renseignements?
    Merci.
    E-mail: ag-rodrigues@bluewin.ch

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