FERRARI 308 : le huit de la chance ?

Nombre fétiche porte-bonheur dans la culture chinoise, le 8 semble également réussir à la noble maison de Maranello qui a inauguré avec la 308 une famille de berlinettes plus abordables que ses traditionnelles GT à 12 cylindres. Tout juste 40 ans après ses premières livraisons, il est temps de s’intéresser à l’héroïne de la série télévisée Magnum. Que cache-t-elle derrière ses lignes si glamour ?

 

La Ferrari 308 est en réalité le second coup de downsizing de Ferrari après les Dino 206/246 GT qui ont prouvé qu’un plus petit moteur dans une voiture plus légère font merveille pourvu que le châssis soit à la hauteur. 

 


Voiture de pilote sous des airs civilisés.

Ferrari 308 Quattrovalvole
Ferrari 308 Quattrovalvole - © Ferrari Spa

Exit le moteur V6 Dino (1965), notoirement amorti dans les Fiat Dino Coupé et Spider, Dino 206 et 246 GT et la Lancia Stratos. Au total une production de plus de 12 000 voitures de ces différentes familles, pas mal pour un bloc qui devait être produit à 500 exemplaires pour réussir son homologation en F2 !

 

Le moteur V8 est aussi inauguré par une Dino, la 308 GT4 dessinée par Bertone et première 2+2 à moteur central de Ferrari en 1973. 

Moteur V8 Quattrovalvole
Moteur V8 Quattrovalvole - © DR

Ce n’est que 2 ans plus tard au salon de Paris 1975 qu’est présentée la berlinette 308 GTB avec le même moteur dans sa version initiale à 4 carburateurs Weber,  carter sec et 255 ch. Il aura donc fallu près de 10 ans à Ferrari pour accepter de mettre son badge sur autre chose qu’un V12 !

 

La première mouture fait appel à une carrosserie en fibre de verre pour diminuer la masse qui dépasse de peu la tonne. Une solution qui sera abandonnée en 1977 au profit d’une carrosserie tout acier. On ne parle pas encore « d’économies techniques » à l’époque, mais le développement parallèle de la version à toit targa GTS n’est pas sans lien avec cette rationalisation et les problématiques de rigidité.

Ferrari 308 Quattrovalvole intérieur
Ferrari 308 Quattrovalvole - © DR

Toute Ferrari se doit de proposer des sensations mécaniques à la hauteur de son palmarès sportif. La 308 sera jugée excellente dès sa sortie, offrant à son pilote une expérience de conduite très directe et équilibrée. C’est une voiture qui demande à la fois de la finesse et de la décision à son pilote.

 

Quarante ans après sa sortie, une 308 reste une voiture qui passe encore très vite et apporte à qui sait la conduire des sensations de pilotage extrêmement gratifiantes.

De la 308 à la F40, naissance d’un mythe.

Dino 206 P Berlinette Speciale  1965
Dino 206 P Berlinette Speciale - © Artcurial

Le design de la 308, s’il n’est pas nouveau dans sa morphologie générale (se reporter au prototype de la Dino 206 P Berlinette Speciale de 1965) reste un modèle d’équilibre et de finesse. Il n’est pas étonnant que cette ligne ait perduré jusqu’au seuil des années 2000 dans sa descendante la Ferrari F355.

 

Plus signifiant encore, c’est bien la 308 originelle qui a servi de base à 2 des Ferrari « collector » réalisées dans les années 80 : la 288 GTO et la F40 ! Des états de service qui conduiront dès 1981 la production des moteurs V8 à dépasser celle de tous les V12 fabriqués depuis la naissance de la marque Ferrari.

 

 

 

Ferrari 308 GTS Quattrovalvole
Ferrari 308 GTS Quattrovalvole - © DR

La 308 donnera naissance en Italie à la 208 GTB/GTS une version 2 litres pour raisons fiscales, comme c’était le cas chez Lamborghini avec l’Uracco et Maserati avec la Merak. Puis elle deviendra 328 en 1985 en gagnant quelques cm3, un intérieur revu et un nouveau masque avant.

 

Toutes familles confondues, les 308/328/208 ont été produites à 18 403 exemplaires, et sont devenues le plus beau succès commercial de Ferrari. Avec 10 206 exemplaires, la 308 s’est déclinée dans de nombreuses versions, son mix de vente étant rapidement devenu plus important pour les versions targa (GTS) notamment avec le marché américain (c’est le daily driver de l’acteur Tom Selleck dans la série Magnum).


Sous le vernis, la poussière.

Au moment où nous écrivons ces lignes, tout ce qui porte le badge de Ferrari tend à prendre de la valeur dans un espace-temps qui semble ne plus obéir aux lois familières de la physique quantique. Au moment de l’achat il convient de rester très exigeant sur les qualités intrinsèques de la voiture.

 

Une Ferrari est conçue pour rouler sportivement et ne tolère pas les approximations. Le modèle est plutôt bien conçu et sainement fabriqué. Avantage Ferrari pour les pièces de rechange avec un catalogue bien suivi, tout comme les prix … il se doit.

La célèbre grille de vitesse Ferrari
La célèbre grille de vitesse - © DR

Ferrari 328 GTB
Ferrari 328 GTB - © Ferrari Spa

Ces trois dernières années ont vu affluer sur le marché toutes sortes de voitures passablement négligées et l’on trouve encore des annonces de type « remise en route à faire » avec des voitures parfois hâtivement réimportées des USA et lustrées pour embellir les vitrines de marchands spécialisées.

La marchandise n’étant pas en pénurie, prenez votre temps et faites-vous accompagner de quelqu’un qui connait la voiture. Il n’est en effet pas toujours évident de déceler les faiblesses d’une telle machine lors d’un court essai - où vous n’oserez pas la pousser ! - et la remise à niveau peut facilement atteindre les 50% du prix d’achat.  

 

Pour un rapport prix/utilisation/investissement optimal, nous retiendrons les versions Quattrovalvole entre 1982-1985 qui offrent à la fois la facilité de l’injection et le rendement de la culasse 32 soupapes ensuite reprise sur les 328.

 

 



La Ferrari 308 a désormais rejoint ses grandes sœurs au Panthéon des modèles iconiques de Maranello. Si la sonorité de son V8 peut encore faire débat, son statut d’objet hautement collectionnable est acquis. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, il existe encore nombre d’exemplaires en excellent état à des prix qui ne tarderont pas à se situer durablement au-dessus des 100 00 €.

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